Atelier d’écriture du 14 novembre 2017

De carrés en carrés, elle emboîte le pas. Ivre de ne rien louper, de son pinceau, elle inscrit, marque, plonge, rallonge ce qui sort d’expression. Parfois victorieux, parfois déçu. Parfois léger, parfois violent. Une énergie qui se libère et nous donne à parler d’elle.

L’enfermement, la lumière. A quand la confiance? A quand le plaisir? Envie d’être libre et libre de vivre. Aimer la vie qui va avec. S’honorer, embellir de tout son être et lâcher… Lâcher ce qui est soi. Oser, sans quoi se perdre. Imaginer des mondes meilleurs où vivre ne fait plus peur. S’exposer aux regards, aux risques de combats sans se liquéfier de crainte.

Elle avance et prend un autre chemin. Il n’y a pas d’erreur possible. Le danger n’est pas là où elle croit. Ses parents se sont fait trop de souci pour elle. Ce beau trésor qu’ils voulaient voir heureuse et en sécurité quoiqu’il arrive.

De rengaines en rengaines, elle a toujours vu les exagérations, les tempêtes trop bruyantes des semblants de perfection. Elle n’a jamais voulu écouter les mauvais sorts pour ne pas tomber dans le fond.

Des livres, des connaissances aux expériences et autres rencontres, elle s’est forgée d’elle-même, s’est retrouvée blessée, hésitante et perdue mais ne perd pas la main.

Vivre en vaut le coup. Attendre. Retenter. Laisser venir les réponses qui viendront d’elles-mêmes. Mais agir et rester soi pour ni regretter ni feindre sous le masque prêté par d’autres déçus de la vie, des autres et d’eux-mêmes.

S’exposer est terrifiant parfois. Il est des fois où l’on évite, d’autres où quand on a osé malgré quelques turbulences, on a passé un cap, gravi plus haut encore et encore.

D’éveils en élévations, tout se fait plus clair. Ce serait si bon de lâcher toute cette peur qui empoisonne et se défaire encore plus de certaines chaînes. Des inutiles et des trop lourdes, quoique collantes et bien en chair.

Un corps qui prend tout et un corps qui rejette. Une vie que l’on subit ou une que l’on mène.

Elle dessine, peint, écrit, chante, danse et se désenchaîne…

Atelier d’écriture du 10 octobre 2017

Atelier d’écriture: 1h d’argile (technique choisie) puis 1h d’écriture suite à ce temps de création. J’ai réalisé deux objets en argile dont une qui représente une robe.

Ces moments d’insatisfaction, je n’aime pas les ressentir. Ils ont beau être communs, fréquents ou peu graves; j’ai beau avoir fait de mon mieux ou laissé libre ce qui se faisait devant moi, j’ai ce goût âpre qui reste et que je n’ai plus envie d’avoir.

Des envies, des idées, quelque chose d’unique en moi sans doute, mais comme un accouchement difficile. L’impression que cela ne va pas.

Agréable au toucher, rose granuleux, gris glissant. La forme a été refaite de nombreuses fois, elle est venue moins vite mais j’ai préféré, au toucher, la sensation de l’argile grise.

Je trouve ceci intéressant. Je pourrais faire des parallèles avec la vie.

Peur de faire quelque chose de nul, quelque chose dont il viendrait à manquer quelque chose…

J’aspire à la douceur, à l’esthétisme des traits, à du mouvement, de la richesse des idées, à la liberté ressentie et exprimée.

Je cherche à me débloquer, ai-je dit. Comme si plein de créativité restait enfoui.

Je ne prends pas assez le temps de me poser pour créer.

J’essaie pour me reposer mais quand l’énergie est revenue, je n’ai plus le temps.

Je dois aider les autres pour gagner ma vie. J’aimerais aider les autres sans avoir besoin de gagner ma vie et, surtout, laisser libre-court à ce que je suis.

Comme me l’a dit une amie qui se l’est autorisé, à laisser aller mon élan vital. Elle a compris que j’aspirai à de nouvelles journées sans quoi j’avais l’impression de réprimer ma véritable identité et plus que ça, ce qui est en moi.

Je parle beaucoup de moi et, en même temps, je passe quasiment tout mon temps à écouter les autres.

La robe de mariage en argile est pour une femme aux courbes dont je rêve depuis une bonne dizaine d’années. Le cabaret, je le fais pour cela aussi. Pour révéler ma féminité malgré ce corps qui me gène. Mes parents ont tout le temps valorisé l’apparence, père comme mère, chacun à leur manière.

Envie de voir le positif mais de façon toujours authentique, libre et assumée. Envie de plus de temps et de me sentir me réaliser pleinement.

Mélange d’émotions…

Je me donne les moyens.

Petit à petit.

Je m’y dirige.

C’est mieux que rien.